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STAGE SUR LE BELEM : LA ROCHELLE - LORIENT
28, 29 et 30 août 2002

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Mercredi 28 août


Lever à 6 h 30. Dur, avec les vacances, je n'ai plus l'habitude.
Bruno arrive à 8 h chez moi. J'ai un sac à dos et un sac de sport ; ce qui prend le plus de place, ce sont les bottes et le duvet. Bruno n'a qu'un sac, mais un gros ; ce n'est pas mieux, pour le transport.

Direction La Pallice. Nous éprouvons quelques difficultés à trouver le Belem, heureusement que nous sommes partis en avance. Je le repère derrière des hangars, grâce aux trois mâts. Nous sommes finalement en avance.

Il y a quelques personnes, mais apparemment, pas la majorité. Le temps est à la grisaille. J'ai un peu froid malgré mon K-Way. Nous profitons de l'attente pour faire une séance photos. Patricia, la femme de Bruno, filme le Belem. Elle le fera également pour le départ.

Les couchettes et les placards
Les couchettes et les placards

9 heures : embarquement. Nous découvrons nos couchettes. Je suis du 3ème tiers, Bruno est du 2ème.
Les couchettes sont petites et surtout très basses. Pour moi, pas de problème, mes 1m 70 logeront à l'aise. Bruno, avec ses 15 cm de plus, est un peu inquiet.

Pendant que les stagiaires écoutent un topo d'accueil du commandant et du second, les familles peuvent visiter le bateau.


10 heures : le bateau lève l'ancre.


La Pallice La Pallice La Pallice
Le Belem s'éloignant des quais du port de La Pallice

Les adieux

Il y a une écluse à passer et, comme le démarrage est lent, la séance d'adieux se prolonge. Pascal, un ex-collègue qui habite La Rochelle, est là avec sa famille pour le départ. Sympa de le voir, on le regrettera cette année. Nous regardons s'éloigner La Rochelle puis l'île de Ré dans le vent humide. Trop tard pour reculer.


Les adieux Les adieux
La longue séance des adieux


La salle à manger
La "salle à manger"

Le repas est prévu à 11 heures pour le premier service. Nous mangeons dans le faux-pont, dans une salle en longueur au milieu des carrées (4 modules de 12 couchettes). On y est moins bien que sur le pont ; ça tangue plus, je suis moitié à l'aise. Le repas me remet l'estomac d'aplomb.
Au menu : Avocats au crabe - rôti de porc en sauce, spaghetti, plateau de fromages, éclair au café. Je fais l'impasse sur l'éclair, bourré de rhum d'après ceux qui le mangent.
A noter : pas de vin à table, que de l'eau ; le gabier doit être sobre...

Midi, nous ressortons sur le pont. La mer, toujours la mer. Je ne suis pas trop en forme, légèrement barbouillé. Les matelots semblent nous préparer quelque chose.

Bruno sur le pont
Bruno sur le pont...

On nous annonce que l'on a besoin de nous pour brasser, c'est-à-dire orienter les vergues. Comme le vent est contraire, nous allons brasser en pointe, soit en angle aigu avec la quille. On brasse sur les passavants tribord et babord, en tirant à la queue leuleu sur les "bouts", immenses cordes. D'abord, on tire d'un bout à l'autre du passavant (ou drisse), en reculant, plusieurs fois, puis on tire en faisant du sur-place. Lorsque la vergue est brassée, les gabiers qui nous dirigent crient "larguez", ce qui signifie que l'on doit lâcher le bout tous ensemble. Comme il y a 5 vergues sur le grand mât et autant sur le mât de misaine, on répète la manoeuvre 10 fois, ce qui nous réchauffe et me fait oublier mes problèmes stomacaux ; ça va mieux.

Je m'aperçois que mon premier quart (14h - 18h) est largement entamé. En journée, il s'avérera que ces quarts sont somme toute assez théoriques, tous les stagiaires étant dehors et participant aux manoeuvres.



Le pont Le pont
Le pont du Belem vu de la dunette


On nous annonce un exercice d'abandon de navire pour 16 heures.

Le spardeck
Le spardeck

Le temps s'est découvert, il fait beau mais frais. On en profite pour faire un peu de farniente sur le spardeck (pont supérieur central). On discute quelque temps puis on s'allonge. Au moment où je m'apprête à sombrer dans le sommeil, retentissent les signaux de l'alarme : 7 courts suivis d'un long.

16 heures : descente dans les cabines, on met les gilets de sauvetage, orange bien pétant (pour qu'ils soient faciles à repérer). Pas si facile de s'y retrouver dans toutes ces sangles !
Le second nous explique de A à Z la procédure à suivre en cas d'abandon du navire (abordage, échouage, incendie,...). On est rassemblé sur le spardeck. Ça tangue un peu et les explications sont assez longues. C'est intéressant (les descriptions des malheurs qui peuvent nous arriver sont à faire dresser les cheveux sur la tête) mais je commence à être fatigué, j'ai mal aux jambes. Je m'assois sur le pont, je ne suis pas le premier, d'autres ont craqué avant moi.

17 heures : on redescend remettre les gilets à leur place, sous les couchettes.
De 17 h à 19 h, on ressent un peu de désoeuvrement, puis on forme un petit groupe de quatre sur le passavant tribord, et on discute de mer et de voile. Un matelot vient nous rejoindre. Il nous explique un peu son métier, comment il est venu sur le Belem, les avantages et les inconvénients, les perspectives, etc...
Il nous apprend que l'on va carguer les voiles (c'est à dire les replier) ; le vent est contraire, on n'avance pas, ils vont remettre le moteur.


Les voiles Les voiles
Deux vues des mâts et des voiles ; c'est plus joli sous le soleil...


19 heures : dîner avec les matelots : assiette de charcuterie (andouille, saucisson, salami, pâté) - poulet - petits pois - fromage (je saute) - fruits (nectarine pour moi).
Je ne suis pas très à l'aise. Ça tangue plus fort que tout à l'heure, je suis à la limite de la nausée. Je pique du nez dans mon assiette et me force à manger en mastiquant lentement ; bonne méthode, mon malaise passe.
En fait, on apprendra que pendant qu'on mangeait, ils ont changé l'allure et orienté les vergues de l'autre côté, d'où le tangage.

20 heures - 21 heures : je fais un tour sur le pont. Le jour décline. Je monte m'asseoir sur le spardeck à côté d'une dame très gentille. On discute jusqu'à 21 heures, je lui raconte comment on a gagné le voyage, elle se montre intéressée par le site et me demande son adresse.

21 heures : il est temps d'aller dormir. Pas facile de grimper dans la couchette, il y fait très chaud et je suis à la fois trop excité et trop fatigué pour m'endormir rapidement. Je m'endors bercé par le tangage et le roulis...

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